Suicide Thomas

Thomas était à bout. Il n'en pouvait définitivement plus, il ne pouvait plus faire semblant. C'était la fin. C'est une chose que l'on apprend: à force de faire semblant, on ne peut plus. Il s'était installé au fond de son lit. Il était tellement bien, en paix avec lui même. Il n'y avait plus de problème. Après tout ,c'est ce qu'il avait toujours souhaité, c'était oublier le monde, oublier tout ce qui l'entoure.
Si seulement, c'était aussi simple. Il n'avait pas prévu d'être aussi déçu, il n'avait pas prévu que tout aille aussi mal. Il aurait voulu faire parti du monde.
En vérité, il était prêt à tout pour être accepté;, vendre son âme, son avenir, son passé, sa jeunesse: qu'importe ! Les concessions ne sont pas importantes si l'on obtient ce que l'on veut en échange, si l'on obtient l'acceptation, si l'on obtient l'amitié ou même la compréhension des autres.

Il était enfermé dans sa chambre. Ce n'était qu'un petit appartement mais il le partagé avec un ami, il pensait qu'être dans l'obligation de se confronter à l'autre, le changerait, que cela ferait de lui quelqu'un de meilleur, que cela le conforterait dans le non choix d'être dans le monde. Nonobstant, tout ce qu'il a constaté, c'est que cela le confortait dans la solitude la plus totale. Son mal être était croissant, un mal être chronique devenant incurable voire mortel. Il mourait.

Il se dirigea vers la salle de bain. Il y avait tellement de pilules qu'il avait ramené. Ce n'était pas des mauvaises pilules, elles étaient toutes là pour le soigner, le guérir. Pourtant, elles ne suffisaient plus.
C'est alors que cela apparaissait comme une évidence: son soin sera sa fin. Il entra dans la salle d'eau. Il avala toutes les pilules. Une par une, jusqu'à la dernière.

Il allait mourir. Cependant, personne n'en avait conscience. Personne ne voulait en avoir conscience: la mort c'est sale; on ne veut pas en avoir sur soi. La mort, elle va tellement mieux aux autres, qu'on préfère la garder éloignée de nous. Le plus loin possible.

Il avait absorbé tous les cachets. Il apparaissait qu'il en ressentait les symptômes: son esprit était libre, tellement libre qu'il n'avait plus de limite, il était libre ! Plus rien ne le retenait !

A sa porte, les coups se martelaient de plus en plus rapidement. L'intensité était grandissante.
Thomas chuchota: je meurs.

Les cris se joignaient aux tambourinements: "Thomas, Thomas, Thomas ! Il faut ouvrir !"

Quand la porte fut ouverte, il était trop tard. Il était mort. il s'était suicidé. Tous ses amis, du moins ceux qui se présentèrent comme tels ne comprenaient pas. Thomas avait laissé un mot. Un mot qui leur répondait: "Je vous avais prévenu: vous êtes arrivés trop tard."
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# Posté le mardi 01 décembre 2009 21:29

:L

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# Posté le mercredi 11 novembre 2009 23:06

LOL

Je pense souvent à elle, il est même vraisemblable que je pense tout le temps à elle. Sa présence était un poids qui exerçait une pression si forte sur moi que j'en souffrais. J'avais mal, vraiment mal: On ne peut pas imaginer le pouvoir que les autres ont sur nous avant de le ressentir.
Je pleurais régulièrement, un jour sans larmes était anormal dans cette réalité. Il fallait le cacher, pour les autres et surtout pour elle. Il fallait faire semblant. <<Les autres sont plus malheureux, on a de la chance...Tu as de la chance>> c'est ce que l'on me disait, c'est ce qu'elle me disait. Je culpabilisais encore plus de souffrir. Il est cocasse de constater à quel point la souffrance s'assimile bien à elle-même, à quel point elle s'additionne, se cumule et se développe. C'était un peu comme mélanger deux chewing-gum déjà mâchés pour en avoir un plus gros. Il y avait des dizaines de chewing-gum, de la souffrance en boule qui se collait pour être encore plus égrugeante.
Le même spectacle recommençait tous les jours. Parfois c'était encore plus atroce. Rarement, c'était agréable. Les jours passés et le spectacle continuait. Il continua pendant des années. Je pouvais y mettre fin, tout dépendait de moi toutefois je ne pouvais pas faire ça... je ne pouvais pas lui faire ça. J'ai souvent envisagé d'autres solutions, c'est de cette époque qu'est née ma fascination pour les ponts et leur hauteur. C'est tellement impressionnant: je pensais certainement que si j'avais eu assez de courage, je pouvais m'envoler.
Je regrette. Je regrette cette masturbation de la souffrance. J'aimais souffrir, j'aimais qu'elle me fasse souffrir, qu'elle fasse tout ce qu'elle faisait, j'aimais devoir le cacher, j'aimais être brillant sous mon masque dès que je franchissais la porte, j'aimais que l'on me couvre d'éloges...J'aimais avec pour seule excuse mon orgueil. Je réussissais là où beaucoup n'y arrivaient pas pourtant je ne partais pas vainqueur. J'étais brillant et mieux encore, je l'étais encore plus que ce que les gens pouvaient envisager. Personne ne pouvait se douter de quoi que ce soit, de mon génie comme de ma souffrance. Aujourd'hui, cela ne compte plus...aujourd'hui je suis médiocre, médiocre et ennuyeux. Mon génie a dépassé sa date d'expiration. Je m'en veux... Peut-être que maintenant l'avenir se tournerait vers moi, si je l'avais oubliée, si les chances avaient été de mon coté. Non. Je lui en veux. Tout est de sa faute.

Aujourd'hui, elle n'est plus dans ma vie. Je pense toujours autant à elle. Son absence n'enlève pas grand chose à ma souffrance..est-ce encore pire? Mon téléphone sonne, c'est elle. Je ne décroche pas, tous les regards se tournent vers moi, fiers de me faire remarquer que l'on essaye de me joindre. S'ils savaient, s'ils pouvaient tous savoir le poids de leurs regards inquisiteurs. Ils ne savent pas, ils ne doivent pas savoir. <<Il n'y a pas de honte... ça arrive>> c'est ce que l'on me dit. Pourtant j'ai honte, la tradition du secret doit demeurer pour mon orgueil, pour éviter que l'on me regarde autrement, que l'on voit ce que je suis et ce que je vais devenir. J'ai peur, je ne veux pas me transformer... pas comme ça. Il est certainement trop tard, je suis touché aussi...je ne pouvais pas y échapper, j'espère avoir limité les dégâts, sans grande conviction. Je me fais peur, cela a déjà commencé.
J'aimerai en parler, me confier malgré l'importance du secret, malgré l'orgueil... tout dire, tout reconnaitre, ne rien cacher à une personne. C'est impossible, on ne peut pas leur faire confiance. Je dis déjà trop de choses, je suis trop bavard, ils ne doivent pas savoir, ils ne peuvent pas savoir.
Elle me harcèle. J'avais même envisagé une procédure judiciaire (une de plus) pour résoudre ce problème (un de plus). Je ne décroche toujours pas le téléphone. Au bout d'un moment, elle se lasse, elle ne téléphone plus. Cela me manque. Je m'inquiète. Elle est peut-être morte. Je sais qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps, à vrai dire je suis même étonné qu'elle soit encore vivante. Je suis Monstre...je ne devrais pas dire ce genre de choses. Parfois, je fais encore pire, je me surprends en train de souhaiter sa mort comme je l'ai fait par le passé. Tout serait réglé en apparences. La souffrance, elle, continuerait de s'accroitre: je culpabiliserai. Je culpabiliserai parce que tout est de ma faute.
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# Posté le dimanche 08 novembre 2009 21:10

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 11:21

Il faudrait le mettre dans sa poche, à l'abri des regards, et le sortir en cachette

Il faudrait le mettre dans sa poche, à l'abri des regards, et le sortir en cachette








On a tous un objet auquel on tient trop, moi c'est un Arlequin. Il est plein de couleurs et me rend heureux.

# Posté le jeudi 05 novembre 2009 21:09

Tu fais iech Dam

Tu es monté dans un corbillard, sans motif...Il était là, il t'attendait et il faut bien reconnaitre qu'il était beau ce corbillard ! Oh que oui, un corbillard comme ça, tu aurais aimé en voir un tous les jours, tout le temps. C'est tellement rare de voir un beau corbillard, faut être cinglé pour vouloir monter dans un corbillard... Ils sont cons de pas faire de beaux corbillards...des beaux corbillards comme celui-là: t'es monté tout de suite dans la chariote de la mort, tes pas suicidogènes étaient tellement rapides, qu'ils criaient pour toi ton excitation à l'idée de prendre ton billet pour un aller simple.
A peine le pied à l'étrier, la vie tournait moins vite pour toi, tu te demandais même si elle tournait encore? Pour tout dire, tu n'avais jamais remarqué auparavant que la vie tournait :

<<Elle tourne cette putain de vie, elle tourne ! Putain quoi, elle tourne !>>

C'était le start-up, les questions fusaient ! Elles bondissaient comme des lapins en chaleur, dès que l'une d'elles était apparue, une autre attaquée aussi promptement qu'il aurait éte donné de le faire à des lapins en chaleur, c'est une vérité trop ignorée dans notre monde, un lapin en chaleur, c'est rapide et agressif. T'as toujours eu peur des lapins, tu sais à quel point c'est dangereux et humiliant...violé et dévoré par des lapins en chaleur: Non, c'était trop humiliant pour que cela apparaisse sur un avis de décès, sur le tien. Tu pensais être tiré d'affaire et PAF ! Les lapins étaient dans le corbillard, ils n'avaient pas la même forme que d'habitude mais ces saloperies n'en étaient pas moins dangereux, au contraire...ils bondissaient avec fougue:

<<Pourquoi on ne fait pas de cheval sur le dos d'une chèvre? Pourquoi on me parle toujours de Dieu et on m'a jamais présenté une vierge de plus de 20 ans? Pourquoi rien ne va toujours comme il faut? comme il ME faut? Pourquoi j'ai jamais eu de loutre en chien de compagnie? Pourquoi j'ai jamais osé boire de lait froid? Pourquoi quand j'achète un lot acheté, le deuxième offert, on me laisse pas prendre uniquement le deuxième? Pourquoi l'eau mouille?>>


Une voix rauque retentit. C'était le chauffeur, bah oui du con, c'est un corbillard, pas le métro, il faut bien un chauffeur. T'as eu trop la honte de sursauter. Le brava homme ne faisait que te répondre, en te révélant que "tout n'est que choucroute c'est à dire que artichaut, c'est artichaut."
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# Posté le jeudi 05 novembre 2009 19:08

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 11:21